Des lieux pour prier

Prier, n’est-ce pas pour tout chrétien, s’enraciner dans la dimension universelle de l’Église ? Vous trouverez ici des présentations originales de ces lieux.

Aux origines de l’Église

La place prise par la ville de Rome dans l’histoire et la vie de l’Église est importante. C’est pourquoi la diffusion du christianisme se comprend mieux en visitant les vestiges de la Rome antique. C’est là que furent martyrisés les apôtres Pierre et Paul, et persécutés de nombreux chrétiens.

Le pape, successeur de Pierre et évêque de Rome, est le chef spirituel de l’Église catholique. Il est aussi chef d’état du Vatican, où il réside.

Rome, vue du haut de la basilique Saint Pierre
Basilique Saint Pierre de Rome
Lettre d’un prêtre à un ami

« Cher Pierre,

Il y a dans la vie d’un homme des moments privilégiés où nous percevons toute l’importance d’un choix pris dans notre existence. J’aimerais témoigner de ce que je viens de vivre avec mes trois frères prêtres à l’occasion de nos vingt ans d’ordination.
Depuis longtemps nous avions souhaité pour cet anniversaire, organiser un pèlerinage à Rome. En 1987, peu de temps après notre ordination, nous avions déjà eu la chance de célébrer l’Eucharistie sur le tombeau de Pierre.
Et de nouveau nous étions hier dans cette magnifique Basilique Saint Pierre de Rome.
Comme à chaque visite je me sentais bien petit et même écrasé par tant de beauté et de grandeur. Mais très vite je fus emporté par la richesse spirituelle du lieu, ces œuvres d’art, l’architecture – La Piéta, les tombeaux des papes, la coupole, les statues des grands fondateurs d’ordre (au passage j’ai reconnu celle de Sainte Jeanne Antide Thouret, née dans notre diocèse)… Nous avons donc cheminé tous les quatre en commentant 2000 ans d’histoire de l’Église.
Devant le tombeau de l’apôtre Pierre, sous la colonnade du Bernin, Timothée nous a invité à renouveler l’engagement de notre sacerdoce en proclamant le Credo. Je t’avoue que ce fut une situation bien étonnante devant tant de touristes qui tournoyaient autour de nous ! Mais pour moi cela reste une expérience essentielle, pleine de sens et de communion avec l’Église toute entière. Ma mission de prêtre prenait subitement comme du relief. Je n’étais plus seul dans mon coin retiré de France, mais en lien avec tous les chrétiens du monde entier. En Europe, en Asie, en Amérique…, c’est bien la même Bonne Nouvelle qui est portée aux quatre coins du monde. Une joie puissante m’envahissait, qui me fit dire en mon cœur : « Mon âme exalte le Seigneur… ». Une grande action de grâce est montée en moi pour ces 20 ans de prêtrise avec ses réussites mais aussi ses difficultés. En même temps je me sentais encore plus attaché à mon diocèse, à mon évêque, à mes frères prêtres et à tous les baptisés.
Voilà, je pense, une expérience unique qu’il m’a été donné de vivre, en un moment clé de mon existence. Un moment privilégié pour faire le point sur ma vie, pour relire la présence du Christ « sur ma route d’Emmaüs ».
Pour chacun de nous quatre, ce fut un temps privilégié qui a renforcé notre amitié et notre fraternité.
Je voulais tout simplement t’en faire part. Je crois que dans toute vie le Seigneur fait des « clins d’yeux ». Nos cœurs sont-ils assez ouverts pour les percevoir ?

A bientôt,
Paul »

Échos dans ma vie :

Aller en pèlerinage à Rome, c’est aller à la rencontre des fondateurs de l’Église et de son histoire.
Ai-je conscience de participer moi aussi à cette histoire ? Comment je m’intéresse à la vie de l’Église ? Par quels moyens ? Est-ce que je prends le temps de prier pour l’Église toute entière ?

Sur les pas de Jésus

Située dans les Monts de Judée, Jérusalem est un lieu saint pour les trois religions monothéistes : judaïsme, chris-tianisme et islam.
Le dôme du Rocher ou mosquée d’Omar est pour les musulmans le lieu du sacrifice d’Abraham.
Le Mur des lamentations est considéré par les Juifs comme le lieu le plus sacré, vestige du Temple d’Hérode.
Pour les chrétiens, bien des lieux témoignent de la vie du Christ, de sa mort et de sa résurrection : le Cénacle, le jardin des Oliviers, la Basilique du Saint-SépulcreJérusalem évoque aussi la cité céleste, la «Jérusalem nouvelle» dont parle l’Apocalypse.
Aujourd’hui encore, la ville est divisée, déchirée et soumise à de fortes tensions entre différentes communautés. N’est-ce pas paradoxal que le Christ ait apporté le salut au monde en ce lieu ?

Pélerinage à Jérusalem

 

“Une fraternité à construire” – Récit

 « C’était un dimanche à Jérusalem, au mois de mars 2000. Sur l’esplanade qui mène au Mur des Lamentations, un homme tout en blanc s’avance. D’un pas lent, fatigué, il se dirige seul vers ce lieu vénéré par tant de Juifs. Il a l’air de porter un fardeau sur ses épaules. L’instant parait solennel, presque irréel. Quelque chose de nouveau advient : la venue d’un pape, le pape Jean Paul II, dans le lieu le plus sacré pour le judaïsme.
Arrivé devant le mur, il s’immobilise quelques instants, il prie. Et furtivement, il glisse une feuille dans une fente du mur, à la manière de nombreux Juifs pieux. Le pape vient demander humblement le pardon de Dieu pour les souffrances infligées aux Juifs par les chrétiens au cours de l’histoire. Sur cette feuille est inscrit : « Dieu de nos pères, Vous avez choisi Abraham et ses descendants pour amener Votre nom aux nations : nous sommes profondément attristés par le comportement de ceux qui, au cours de l’Histoire, ont fait souffrir Vos enfants, et demandons Votre pardon. »
Pour enraciner ce message par un geste fort il passe sa main sur le mur. L’émotion est tangible et hors du commun. Pour la première fois un pape, en simple pèlerin, vient en ce lieu, le cœur du judaïsme, poser un geste prophétique.
Dans cette ville de Jérusalem dont le nom signifie Ville de la paix, qui depuis bientôt 3000 ans a toujours connu des tensions, Jean Paul II rappelle au monde qu’elle est aussi le signe d’une fraternité toujours à construire.
Le message a été ensuite emporté à Yad Vashem, le Mémorial de l’Holocauste, où il est exposé. »

Echos dans ma vie

Qu’évoque pour moi Jérusalem : certains récits de la vie de Jésus, la violence, le mur qui sépare la ville … ?
Paul VI en 1964, puis Jean-Paul II en 2000 sont les deux premiers papes à s’être rendus à Jérusalem. Paul VI y rencontra le patriarche orthodoxe Athénagoras. Jean-Paul II alla prier au Mur des lamentations. Est-ce que je porte dans ma prière ceux qui travaillent à l’unité des chrétiens, au dialogue interreligieux ?